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Parmi une CENTAINE de couples
Quand j’étais adolescent, j’ai travaillé plusieurs années chez Couche-Tard. Une multinationale avec des milliers de stations-services à travers le Canada. À force de passer des heures derrière le comptoir, tu vois défiler énormément de monde. Des clients seuls, des familles… et surtout des couples. Des centaines, probablement des milliers. Avec le temps, j’ai commencé à remarquer quelque chose. Une différence de dynamique très nette entre les couples où l’homme payait systématiquement et ceux où la facture était toujours divisée en deux. Ce n’était pas quelque chose de spectaculaire ou de caricatural. C’était subtil, presque imperceptible. Mais une fois que tu l’as vu, tu ne peux plus l’ignorer. Je serais incapable d’expliquer ça avec une formule claire ou un raisonnement théorique. Mais dans les couples où l’homme cherchait à tout équilibrer au dollar près, il y avait comme une perte invisible. Comme cette économie de 20$ lui coûtait en réalité beaucoup plus cher. Pas financièrement. Symboliquement. Dans ces couples-là, la femme ne se tournait pas vers lui de la même manière. Il n’était pas un point d’appui. Il était un égal parmi d’autres. Quelqu’un de correct, de raisonnable, mais pas une figure vers qui on se repose. Très jeune, ça m’a conforté dans une certitude. Ce n’est pas le type de relation que je veux. Je ne veux pas être perçu comme “aussi capable”. Je ne veux pas être vu comme un simple partenaire fonctionnel. Je veux être le point d’appui. Celui qui rassure sans parler. Celui qui absorbe quand ça déborde. Je veux que ma femme, et plus tard mes enfants, me voient comme un refuge. Pas comme un égal. Un homme qu’on admire ne cherche pas l’équilibre parfait. Il assume le poids supplémentaire.
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C'était nécessaire...
Il y a environ cinq ans, alors que je terminais mes études supérieures, mon père m’a mis dehors après une dispute. Pendant un temps, j’ai dormi à droite à gauche. J’ai galéré. Mais une chose était claire dans ma tête : je ne remettrais plus les pieds là-bas. Pas par confort. Par choix. Je savais que si je revenais tout de suite, si je demandais à rentrer le soir même, la dynamique serait restée la même. Il aurait gardé le contrôle. Il aurait compris que, quoi qu’il fasse, j’avais besoin de lui. Et à partir de là, tout aurait recommencé. J’ai donc tenu. Même quand c’était inconfortable. Même quand c’était dur. J’ai appris à me débrouiller seul. À gérer sans filet. Et surtout, j’ai compris quelque chose d’essentiel : je n’étais pas dépendant. Six mois plus tard, mon père a recommencé à prendre des nouvelles. Puis il a insisté pour que je revienne. Cette fois, ce n’était plus une injonction. C’était une demande. Et plus tard, il est même allé jusqu’à s’excuser et me proposer (encore) de revenir. Ce retournement n’aurait jamais eu lieu si j’étais revenu trop tôt. Ce n’est pas le fait de partir qui a changé la situation. C’est le fait de montrer, par mes actes, que je pouvais exister sans lui. Quand quelqu’un sent que tu as besoin de lui, il te contrôle. Quand quelqu’un comprend que tu peux partir et tenir, ta valeur change immédiatement. Parfois, la seule manière d’être respecté n’est pas d’expliquer ce que tu vaux. C’est de partir assez longtemps pour que l’autre le découvre tout seul.
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À partir de quand la vulnérabilité devient-elle un problème ?
Milieu 2023, je fréquentais une femme et la relation était très intense. Tout semblait fluide. On parlait de tout. J’avais le sentiment qu’on se comprenait parfaitement, qu’il n’y avait aucun filtre, aucune retenue. De mon côté, ça ressemblait à quelque chose de très solide. Vers la fin de l’année, j’ai reçu une nouvelle médicale assez lourde. J’ai commencé à être très anxieux par rapport à ma santé. Examens, hypothèses, attente des résultats. J’avais peur, sincèrement. Et comme la relation me paraissait sécurisante, j’en parlais souvent. Je disais ce que je ressentais, mes inquiétudes, mes scénarios. Elle me rassurait. À chaque fois. Avec le recul, je me rendais disponible émotionnellement… mais surtout dépendant. Un jour, elle m’a appelé pour me dire que c’était terminé. Sans colère. Sans reproche clair. Juste cette phrase : elle ne voyait plus de potentiel amoureux avec moi. Pas de détails. Pas d’explication précise. Ce jour-là, ironiquement, je devais recevoir mes résultats médicaux. Les résultats étaient bons. Le problème était mineur, réglable avec quelques ajustements simples. Rien de grave. Mais la relation, elle, était déjà finie. Ce que j’ai compris après coup, ce n’est pas que montrer une vulnérabilité est une erreur. C’est que transformer l’autre en pilier émotionnel constant, surtout dans une relation encore jeune, change profondément la dynamique. Une femme peut écouter, soutenir, rassurer ponctuellement. Mais quand elle sent qu’elle devient celle qui doit tenir l’ensemble, l’attirance s’érode. De mon côté, la relation me semblait fusionnelle. De son côté, j’étais devenu lourd à porter. Une relation ne se brise pas toujours par manque d’amour. Parfois, elle s’effondre parce que l’un des deux cesse d’incarner une force stable. Et aucune complicité ne compense durablement l’absence de solidité.
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