À partir de quand la vulnérabilité devient-elle un problème ?
Milieu 2023, je fréquentais une femme et la relation était très intense. Tout semblait fluide. On parlait de tout. J’avais le sentiment qu’on se comprenait parfaitement, qu’il n’y avait aucun filtre, aucune retenue. De mon côté, ça ressemblait à quelque chose de très solide. Vers la fin de l’année, j’ai reçu une nouvelle médicale assez lourde. J’ai commencé à être très anxieux par rapport à ma santé. Examens, hypothèses, attente des résultats. J’avais peur, sincèrement. Et comme la relation me paraissait sécurisante, j’en parlais souvent. Je disais ce que je ressentais, mes inquiétudes, mes scénarios. Elle me rassurait. À chaque fois. Avec le recul, je me rendais disponible émotionnellement… mais surtout dépendant. Un jour, elle m’a appelé pour me dire que c’était terminé. Sans colère. Sans reproche clair. Juste cette phrase : elle ne voyait plus de potentiel amoureux avec moi. Pas de détails. Pas d’explication précise. Ce jour-là, ironiquement, je devais recevoir mes résultats médicaux. Les résultats étaient bons. Le problème était mineur, réglable avec quelques ajustements simples. Rien de grave. Mais la relation, elle, était déjà finie. Ce que j’ai compris après coup, ce n’est pas que montrer une vulnérabilité est une erreur. C’est que transformer l’autre en pilier émotionnel constant, surtout dans une relation encore jeune, change profondément la dynamique. Une femme peut écouter, soutenir, rassurer ponctuellement. Mais quand elle sent qu’elle devient celle qui doit tenir l’ensemble, l’attirance s’érode. De mon côté, la relation me semblait fusionnelle. De son côté, j’étais devenu lourd à porter. Une relation ne se brise pas toujours par manque d’amour. Parfois, elle s’effondre parce que l’un des deux cesse d’incarner une force stable. Et aucune complicité ne compense durablement l’absence de solidité.