Cette semaine, à IFA Berlin, une jeune entreprise de Shenzhen a présenté Violoop, un boîtier de la taille d'un réveil qui se branche entre un ordinateur et son écran. Il regarde ce qui s'affiche, décide d'une suite d'actions, puis tape et clique à la place de l'utilisateur. La société a levé plusieurs centaines de millions de yuans depuis mars, auprès d'investisseurs comme Lenovo Capital, et revendique environ 12 000 précommandes avant même l'ouverture de sa campagne de financement participatif, prévue à la mi-septembre. Dans nos métiers, un nouvel outil logiciel passe presque toujours par plusieurs semaines de vérification. Le service informatique regarde le produit, parfois un DPO relit une clause de sous-traitance. Un objet qui ressemble à un accessoire de bureau peut, lui, arriver sur un poste de travail sans que personne n'ait eu ce réflexe. Un dossier de constitution de société affiche pourtant souvent, sur le même écran, une pièce d'identité et un extrait de compte bancaire, parfois couverts par une clause de secret professionnel. Comment ça fonctionne concrètement Violoop capte l'image de l'écran par HDMI, et se branche en USB en se faisant passer pour un clavier et une souris ordinaires. Un modèle installé dans le boîtier, un Qwen à 8 milliards de paramètres selon le fabricant, interprète ce qu'il voit et prépare les actions à exécuter. Pour les tâches plus lourdes, l'appareil peut transmettre la demande à un service en ligne comme ChatGPT, Claude ou Gemini, avec une clé d'API fournie par l'utilisateur. L'utilisateur doit presser un bouton physique sur le dessus avant chaque action jugée sensible, principal argument de sécurité mis en avant par le fabricant. Aucun pilote n'est installé sur l'ordinateur ciblé, et pour le système d'exploitation, l'appareil se présente comme un clavier parmi d'autres. Un agent logiciel et ce boîtier, où est la différence ? La plupart des agents IA que l'on croise aujourd'hui tournent en logiciel, à l'intérieur même de l'ordinateur. Ce sont des programmes que le système connaît, qu'un antivirus ou un outil de sécurité d'entreprise peut repérer et bloquer.