Je n’arrive pas à me lancer à mon compte
L’émancipation est souvent présentée comme un acte de volonté.Comme si devenir libre dépendait simplement d’une décision consciente.
Mais dans la réalité psychique, l’être humain ne s’autorise pas à devenir pleinement lui-même tant que son inconscient associe encore l’autonomie à un danger affectif.
Et ce danger est très souvent lié aux loyautés invisibles du clan familial.
Ces loyautés ne reposent pas forcément sur une emprise ou une domination.Elles reposent surtout sur une peur inconsciente : celle de trahir, d’abandonner ou de faire souffrir ceux dont nous provenons.
Dans de nombreuses structures familiales, l’enfant développe inconsciemment la croyance que :
  • faire mieux que ses parents est une trahison,
  • réussir davantage est une humiliation pour le clan,
  • être différent revient à abandonner sa famille,
  • dépasser ses ancêtres signifie ne plus leur appartenir,
  • devenir libre risque de rompre le lien affectif,
  • prendre sa place menace l’équilibre familial.
Alors l’inconscient crée des fidélités invisibles.
L’individu reste psychiquement attaché à son système familial, même lorsqu’il souffre intérieurement de cette limitation.
Il peut alors apparaître :
  • peur de réussir,
  • difficulté à se mettre à son compte,
  • procrastination,
  • auto-sabotage,
  • peur du regard des autres,
  • difficulté à demander de l’argent,
  • besoin excessif de validation,
  • sensation d’illégitimité,
  • incapacité à prendre pleinement sa place,
  • difficulté à dépasser le niveau social, financier ou professionnel de la famille.
Très souvent, la personne croit manquer de confiance en elle.
Mais en profondeur, le conflit est ailleurs.
Une partie d’elle veut grandir.Une autre croit inconsciemment :
“Si je vais plus loin qu’eux, je les abandonne.”“Si je réussis davantage, je les humilie.”“Si je change, je ne fais plus partie du clan.”“Si je deviens moi-même, je vais perdre l’amour des miens.”
L’émancipation devient alors vécue comme une séparation affective.
Et pour l’inconscient archaïque, perdre l’appartenance au clan équivaut souvent à un danger vital.
À cela s’ajoutent les héritages transgénérationnels.
Car certaines lignées portent des mémoires où :
  • sortir du clan a conduit à l’exclusion,
  • réussir a provoqué jalousies ou ruptures,
  • l’argent a détruit des familles,
  • l’ascension sociale a créé des séparations,
  • l’autonomie a été vécue comme une déloyauté.
L’inconscient familial enregistre alors des équations invisibles :
“Pour être aimé, je dois rester semblable.”“Pour appartenir, je ne dois pas dépasser.”“Pour garder le lien, je dois limiter ma réussite.”“Être libre risque de me séparer des miens.”
Ainsi, beaucoup d’adultes restent inconsciemment fidèles à leur clan au détriment de leur propre existence.
Ils n’échouent pas parce qu’ils sont incapables.
Ils échouent parfois parce qu’une partie profonde d’eux considère encore que réussir pourrait signifier :
  • abandonner leur famille,
  • renier leurs origines,
  • devenir différents,
  • ne plus appartenir,
  • rompre la fidélité aux ancêtres.
L’émancipation véritable commence lorsque l’individu comprend qu’il peut évoluer sans trahir.
Qu’il peut aimer sans se limiter.
Qu’il peut honorer ses parents et ses ancêtres sans répéter leurs souffrances.
Qu’il peut réussir sans abandonner le clan.
Car grandir ne signifie pas renier ceux dont nous venons.
Grandir signifie parfois accomplir ce que les générations précédentes n’ont jamais pu s’autoriser à vivre.
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2 comments
Myriam Fassio
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Je n’arrive pas à me lancer à mon compte
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