Je n’ai pas été désiré…
Il y a des phrases qui traversent une vie entière sans jamais cesser de résonner.
Des phrases qui ne font pas de bruit à l’extérieur…mais qui provoquent un effondrement silencieux à l’intérieur.
Et parmi elles, il y en a une particulièrement destructrice :
« tu n’as pas été désiré. »
Parfois la phrase est dite directement.Parfois elle prend une autre forme :
« Tu es arrivé trop tôt. »« Tu as gâché ma vie. »« Si je t’avais pas eu… »« Je voulais avorter. »« Tu étais un accident. »
L’adulte qui prononce ces mots mesure rarement ce qu’ils produisent dans le cerveau émotionnel d’un enfant.
Parce qu’un enfant n’analyse pas psychologiquement une phrase.Il ne contextualise pas.Il ne relativise pas.Il ne se dit pas :« Mon parent souffre. »« Mon parent est immature. »« Mon parent parle sous le coup de la colère. »
Non.
L’enfant transforme immédiatement cette phrase en vérité absolue sur lui-même et le détermine.
Et à cet instant précis, quelque chose de fondamental peut se casser :son autorisation intérieure d’exister.
Parce qu’un enfant ne demande pas grand-chose au fond.Il demande simplement à sentir que sa présence au monde est une bonne nouvelle pour quelqu’un.
Quand cette base s’effondre, les conséquences peuvent devenir immenses.
L’enfant commence alors à construire toute sa personnalité autour d’une idée inconsciente :
« Je suis en trop. »
Et à partir de là… toute une vie peut se déformer.
Certaines personnes vont devenir hyperperformantes.Elles vont réussir, travailler, aider tout le monde, sauver tout le monde, porter tout le monde…comme si elles tentaient inconsciemment de mériter une existence qui, au départ, n’avait pas été validée.
D’autres vont développer une culpabilité permanente.La culpabilité de demander.La culpabilité de recevoir.La culpabilité de prendre de la place.La culpabilité d’avoir des besoins.La culpabilité d’exister plus fort que les autres.
Certaines deviendront invisibles.Elles apprendront à ne pas déranger.À parler doucement.À s’excuser d’être là.À minimiser leurs émotions.À ravaler leurs besoins.À survivre dans la discrétion affective.
D’autres tomberont dans une quête affective sans fin.Parce qu’au fond d’elles-mêmes, une question restera ouverte toute leur vie :
« Est-ce qu’un jour quelqu’un me choisira vraiment ? »
Et alors elles accepteront parfois :
des relations humiliantes ;des abandons répétés ;
des violences psychologiques ;des amours à sens unique ;des partenaires indisponibles ;
des relations où elles doivent constamment prouver leur valeur.
Pourquoi ?
Parce qu’inconsciemment, elles continuent d’essayer de réparer la blessure originelle :être enfin désirées.
Parfois cette phrase détruit même le rapport au succès.
Car réussir pleinement, briller, être vu, prendre sa place…entre en conflit avec un programme inconscient beaucoup plus ancien :
« Je ne devrais pas être là. »
Alors certaines personnes sabotent tout au moment où leur vie pourrait enfin s’ouvrir.Elles détruisent leurs relations.Leurs projets.Leur argent.Leur bonheur.
Comme si une partie d’elles-mêmes murmurait :« Tu prends déjà trop de place dans ce monde. »
Et le plus terrible…c’est que cette blessure est souvent invisible.
Ce sont parfois les personnes les plus drôles.Les plus brillantes.Les plus généreuses.Les plus fortes en apparence.
Mais à l’intérieur, elles vivent avec cette sensation étrange et permanente :
ne jamais être totalement légitimes.
Alors elles suradaptent tout.Elles surveillent tout.Elles anticipent tout.Elles veulent être parfaites.Utiles.Irréprochables.Aimables.Indispensables.
Parce qu’au fond, elles ont appris très tôt une chose terrible :
L’amour ne leur semblait pas être un droit naturel.Il fallait le mériter.
Et pourtant…aucun enfant ne devrait grandir avec l’idée qu’il est une erreur.
Parce qu’un enfant qui se sent désiré développe une sécurité intérieure immense.Il ose vivre.Il ose aimer.Il ose créer.Il ose échouer.Il ose prendre sa place.
Mais un enfant qui se sent non désiré peut passer toute sa vie à essayer d’obtenir une autorisation qu’il aurait dû recevoir dès le départ.
Une seule phrase peut devenir un programme inconscient.Une seule phrase peut modifier un destin émotionnel entier.
Et parfois…des adultes de 40, 50 ou 60 ans continuent encore de lutter contre une douleur née dans une simple phrase entendue dans l’enfance.
Alors avant de dire à un enfant qu’il n’était pas désiré…il faut comprendre ce qu’il entend réellement.
Il n’entend pas :« J’étais perdu. »
Il entend :
« Le monde aurait été mieux sans toi. »
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4 comments
Myriam Fassio
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Je n’ai pas été désiré…
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