Aujourd'hui, j'ai eu une vraie prise de conscience. Depuis quelque temps, je m'entraînais beaucoup moins. Je pensais que les acquis resteraient. Je croyais savoir, je pensais maîtriser… et pourtant, je me suis aperçu que, progressivement, quelque chose s'émoussait. Je me sens moins incisif, moins performant qu'avant, notamment dans mon auto-coaching. En tant que coach, j'avais pleinement conscience qu'un sportif qui arrête de s'entraîner régresse. En revanche, je pensais que, pour nous, une fois les compétences acquises, elles se stabilisaient davantage. Aujourd'hui, je m'aperçois que j'avais probablement tort. Cette prise de conscience m'a d'abord fait ressentir une petite frustration. Je me suis dit : « Finalement, ce travail n'a pas de fin. » Puis je me suis rappelé que c'est justement ce qui en fait toute la richesse. Être coach, c'est comme entretenir un jardin. Nous pouvons préparer la terre, planter les graines, voir les premières pousses apparaître et créer de solides ancrages. Mais si nous cessons d'arroser, de tailler, de nourrir et d'entretenir ce jardin, il finit inévitablement par s'appauvrir. Ce n'est pas parce qu'il a été beau un jour qu'il le restera. Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'il en est exactement de même pour notre posture de coach. Je réalise aussi une autre chose. Comme dans le sport, le plus important n'est peut-être pas de s'entraîner énormément, mais de garder le lien avec l'entraînement. Nous n'avons pas toujours la possibilité de nous entraîner autant que nous le souhaiterions. En revanche, maintenir une fréquence, même modeste — ne serait-ce qu'une séance par semaine — permet de conserver nos réflexes, notre posture et notre présence. J'ai le sentiment qu'il est bien plus facile d'entretenir ce qui existe déjà que de devoir tout reconstruire après une longue période sans pratique. Reprendre après un arrêt prolongé demande souvent beaucoup plus d'énergie que de maintenir un entraînement régulier, même minimal. C'est pourquoi j'ai pris une décision.