On parle souvent de ce que c'est d'ĂȘtre parent aujourd'hui. Les crises. L'Ă©puisement. La culpabilitĂ©. Mais je pense aussi aux enfants. La canicule qui bouleverse les rythmes. Les problĂšmes au pĂ©riscolaire. Des enfants qui se font harceler, abuser, blesser et souvent en silence. Des enfants Ă qui on demande de gĂ©rer leurs Ă©motions, d'ĂȘtre autonomes, de grandir vite. Prenons le temps de ralentir. On a le temps de leur faire faire des activitĂ©s.On a le temps de les responsabiliser.Ils auront largement assez d'administratif, de dossiers et de projets Ă gĂ©rer quand ils seront adultes. L'enfance, c'est une pĂ©riode oĂč il devrait y avoir de la joie. Du temps ralenti. De la connexion Ă la nature, Ă l'instant prĂ©sent. De l'innocence. Plus j'accompagne des parents, plus je me rends compte que tout se construit pendant l'enfance. Et heureusement, tout se rĂ©pare aussi depuis cet espace lĂ . Le monde n'est pas plus dangereux qu'avant. Il est juste plus complexe, plus rapide, plus instantanĂ©. Les rĂ©seaux sociaux. Internet. L'intelligence artificielle. Une charge supplĂ©mentaire pour les parents ... et pour les enfants. Je n'ai pas de solution à ça. Juste ce constat : ĂȘtre enfant en 2026, c'est difficile. On leur demande d'exprimer leurs Ă©motions.De les nommer. De les traverser. De ne pas les fuir. Nous, leurs parents, on a grandi dans un monde oĂč c'Ă©tait interdit. OĂč ça ne se faisait pas.OĂč on nous a appris Ă ravaler, Ă tenir, Ă faire bonne figure. Alors on leur demande quelque chose qu'on n'a jamais vraiment appris Ă faire nous-mĂȘmes. Ne voyons pas ça comme un reproche.Mais comme une rĂ©alitĂ© qui existe. Et chaque tentative de faire diffĂ©remment, mĂȘme imparfaite, mĂȘme maladroite, est un pas de plus vers quelque chose de meilleur. Pour eux. Et pour nous. Et si on peut leur Ă©viter de porter en plus le poids de nos traumas, de nos croyances limitantes, de tout ce qu'on n'a pas reçu et qu'on transmet sans le vouloir, c'est peut-ĂȘtre ça, notre vraie responsabilitĂ©. Laissons-leur la joie de l'innocence.