La confiance en soi n’existe pas
On nous répète depuis l’enfance :
“Il faut avoir confiance en soi.”“Travaille ta confiance.”“Le problème, c’est ton manque de confiance.”
Mais si je vous disais que la confiance en soi… n’existe pas vraiment ?
Ou plus exactement :qu’elle est souvent une mauvaise interprétation d’un phénomène beaucoup plus profond.
Parce qu’en réalité, la plupart des êtres humains ne vivent pas avec un regard intérieur libre.Ils vivent avec un tribunal dans la tête.
Et ce tribunal a très souvent un visage.
Le visage du père.
Pas forcément le père biologique.Mais la fonction du père :celle qui valide,qui autorise,qui regarde,qui juge,qui nomme la valeur.
Quand un enfant entre dans le monde, il ne se voit pas lui-même.Il se découvre dans les yeux des autres. Et il existe une question silencieuse qui structure toute la construction psychique :
“Quand tu me regardes… est-ce que j’ai de la valeur ?”
C’est là que naît ce qu’on appelle plus tard “la confiance en soi”.
Si le regard parental contient :
- de la sécurité,
- de l’admiration,
- de la fierté,
- de la stabilité,
- le droit d’essayer,
- le droit d’échouer,alors l’enfant développe une sensation intérieure :
“Je peux exister sans danger.”
Mais si le regard est :
- critique,
- humiliant,
- absent,
- instable,
- méprisant,
- impossible à satisfaire,alors l’enfant comprend autre chose :
“Ma valeur dépend du regard extérieur.”
Et toute sa vie, il cherchera alors à obtenir des validations pour réparer une blessure ancienne.
Ce que beaucoup appellent “manque de confiance” est en réalité :
- une peur du rejet,
- une peur du jugement,
- une peur de ne pas être choisi,
- une peur de ne pas être suffisamment important pour être aimé.
Autrement dit :
ce n’est pas soi que l’on regarde.
C’est le regard des autres que l’on a intériorisé.
Et c’est là l’immense erreur de notre époque.
On essaye de “fabriquer de la confiance” avec :
- des affirmations positives,
- des performances,
- de la réussite,
- de l’image,
- du développement personnel,
- de la séduction sociale.
Mais tant que le regard intérieur reste colonisé par un ancien juge parental…rien ne suffit.
Parce qu’au fond, la personne ne cherche pas la confiance.
Elle cherche l’autorisation d’exister.
Et regardez ce qui se passe dans nos vies.
Des êtres magnifiques :
- brillants,
- intelligents,
- sensibles,
- talentueux,s’effondrent intérieurement à cause d’un regard.
Une remarque.
Une absence de réponse.
Un silence.
Pourquoi ?
Parce que ce n’est jamais le présent qui parle.
Le cerveau émotionnel ne dit pas :
“Cette personne ne m’a pas répondu.”
Il dit :
“Je ne suis pas suffisamment important pour qu’on me voie.”
Et soudain, ce n’est plus un message.
C’est tout un système affectif ancien qui se réactive.
Alors certains deviennent perfectionnistes.D’autres deviennent dépendants affectifs.D’autres encore deviennent hyperperformants.
Et parfois même… admirés par le monde entier.
Mais intérieurement ?
Ils continuent d’attendre une validation qui ne vient jamais.
Parce qu’aucun regard extérieur ne peut réparer totalement un regard fondateur.
Voilà pourquoi tant de personnes “qui ont réussi” restent profondément fragiles.
Leur réussite n’a pas construit leur valeur.Elle a seulement tenté de compenser son absence.
Et c’est ici que commence la véritable reconstruction.
Le jour où l’on comprend que la confiance en soi n’est pas un exploit psychologique.
C’est un déplacement de regard.
Passer de :
“Est-ce que je suis suffisamment bien pour être aimé ?”
à :
“Ai-je le droit d’exister même imparfait ?”
C’est immense.
Parce qu’à partir de là, on ne vit plus pour obtenir une validation.
On commence enfin à habiter sa propre existence.
Et peut-être que la maturité psychique commence exactement ici :
quand le regard des autres cesse progressivement d’avoir le pouvoir de définir notre valeur intérieure.
Parce qu’au fond…
la confiance en soi n’est peut-être rien d’autre que :
la fin du besoin d’être validé pour exister à bon entendeur …Myriam fassio 🥰🫶🥰