Ă 16 ans, je ne faisais pas mes devoirs, enfin si Ă environ 2h00 du matin et je mâendormais dessus, la plupart du temps.
Je mâoccupais de mes parents malades.
Je gĂ©rais leurs crises, leurs rendez-vous, leurs traitements, les hallucinations, la colĂšreâŠ
Je portais sur mes Ă©paules des responsabilitĂ©s que personne ne mâavait apprises Ă gĂ©rer.
Jâai connu la peur de tout oublier comme eux.
La fatigue qui vous Ă©crase jusquâau cĆur et vous donne envie d'hurler. La culpabilitĂ© qui vous ronge quand, malgrĂ© tout, on crie ou quâon se sent impuissant, car aprĂšs tout on nâest quâune enfant.
Je mâen souviens comme si câĂ©tait hier : le jour oĂč ma mĂšre a Ă©tĂ© diagnostiquĂ©e, sa premiĂšre phrase a Ă©tĂ© :
"Et maintenant tu vas mâabandonner, car je serai inutile.â
Et il y a eu cette nuit avec mon pĂšre, terrifiĂ© : il hurlait de peur et voulait quâon lâattache Ă son lit, persuadĂ© quâon allait lâenlever.
JâĂ©tais seule, (pas de conseils internet, nous sommes en 1997) incapable de calmer leur dĂ©tresse, me demandant comment protĂ©ger notre relation que jâaimais tant.
Et puis il y avait les professionnels : Ceux qui me parlaient comme si je nâĂ©tais quâune adolescente inutile.
Les médecins qui me disaient :
âIl nây a rien Ă faire. Ils sont condamnĂ©s. Vous vivrez votre vie quand ils seront morts.â
Jâaurais pu les Ă©couter.
Jâaurais pu me rĂ©signer.
Mais jâai choisi de ne pas les Ă©couter.
Jâai choisi de me battre pour eux, pour moi, pour notre relation.
Câest lĂ que tout a commencĂ©.
Jâai continuĂ© ce chemin en devenant aide-soignante diplĂŽmĂ©e dâĂtat et en me formant Ă la pĂ©dagogie Montessori adaptĂ©e Ă la maladie dâAlzheimer.
20 ans plus tard, jâaccompagne les aidants et les professionnels, ceux qui veulent aider mais qui sâĂ©puisent, doutent, ou voient leur relation se fragiliser malgrĂ© lâamour quâils donnent.
Et jâai dĂ©couvert une vĂ©ritĂ© qui a tout changĂ© :
Vous nâĂȘtes pas obligĂ© de vous Ă©puiser pour accompagner.
Vous pouvez garder votre humanitĂ© et prĂ©server le lien, mĂȘme dans la maladie.
Câest cette vĂ©ritĂ© qui mâa poussĂ©e Ă crĂ©er la mĂ©thode LIEN :
Moins de pression.
Plus de présence.
Moins de performance.
Plus de lien.
Une mĂ©thode concrĂšte, humaine, qui transforme lâĂ©puisement en sĂ©rĂ©nitĂ©, le doute en confiance, la frustration en fiertĂ©.
Pour que la relation avec la personne malade reste forte, mĂȘme quand la mĂ©moire flanche.
Si vous ĂȘtes fatiguĂ© de vous sentir seul, de perdre patience alors que vous voulez juste aider, de voir la relation que vous aimez sâeffriter malgrĂ© vos effortsâŠ
Pour le professionnel qui pense :
âJe sais quâon peut faire plus humain⊠mais je me sens seul Ă le croire.â
Alors vous ĂȘtes exactement lĂ oĂč il faut.
Si vous vous ĂȘtes reconnu, prĂ©sentez-vous sous ce post. Partagez votre histoire, vos dĂ©fis.
Ici, vous nâĂȘtes jamais seul.
đ CrĂ©er du lien, mĂȘme quand la mĂ©moire flanche. Câest ça, la mĂ©thode LIEN
Merci dâĂȘtre lĂ .
Audrey