« Mais non, Madame, votre mari est décédé depuis 10 ans. » « Non, vous n’êtes pas chez vous. » « Je vous l’ai déjà expliqué trois fois. » « Ce n’est pas vrai. Regardez, vous êtes dans un EHPAD. » Sur le papier, ces phrases semblent simplement rétablir la réalité. Pourtant, avec une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer, elles peuvent parfois produire exactement l’inverse de ce que nous recherchons : 👉 Plus d’angoisse 👉 Plus d’opposition 👉 Plus d’agitation 👉 Une rupture de la relation Et si, dans certaines situations, avoir raison n’était finalement pas l’objectif ? 🧠 Le cerveau de la personne ne traite plus la réalité comme avant Dans la maladie d’Alzheimer, certaines capacités cognitives peuvent être progressivement altérées : mémoire épisodique, orientation temporelle, compréhension de certaines informations… Mais cela ne signifie pas que tout le fonctionnement cérébral disparaît en même temps. Les émotions, certaines habitudes, les automatismes et certaines formes de mémoire peuvent rester accessibles. Et c’est essentiel pour le professionnel. Parce qu’une personne peut ne plus pouvoir comprendre rationnellement une explication, tout en ressentant très fortement l’émotion provoquée par cette explication. Prenons une situation très fréquente : 👵 « Je dois rentrer chez moi, mes enfants m’attendent. » Vous savez qu’elle vit dans l’établissement. Vous savez que ses enfants sont adultes. Vous savez qu’elle est en sécurité. Mais elle, à cet instant, peut être profondément convaincue qu’elle doit partir. Si vous répondez : ❌ « Mais non, vous êtes chez vous ici. Regardez autour de vous ! » Vous lui demandez implicitement de renoncer à sa perception actuelle de la situation. Et elle n’en a peut-être plus les capacités cognitives. ⚠️ Le piège du professionnel : confondre réalité et vérité Notre métier nous pousse naturellement à vouloir : ✔ Expliquer ✔ Corriger ✔ Rassurer ✔ Réorienter ✔ Donner la bonne information Mais avec Alzheimer : Donner la bonne information ne signifie pas forcément aider.