L’une des plus grandes erreurs que nous commettons est de transformer nos blessures en identité. Combien de fois entend-on quelqu’un dire : « Je suis dépendant affectif. » Comme s’il décrivait sa nature profonde. Comme s’il parlait de ce qu’il est. Comme si cette réalité faisait partie de son identité. Pourtant, ce n’est pas vrai. Vous n’êtes pas dépendant affectif. Vous vivez une dépendance affective. Ce n’est pas la même chose. Une dépendance affective n’est pas une identité. C’est une blessure. C’est une expérience. C’est parfois un héritage. C’est parfois un programme inconscient construit dans l’enfance ou transmis à travers l’histoire familiale. Mais ce n’est jamais ce que vous êtes. Imaginez un instant qu’une personne tombe et se casse la jambe. Elle ne dit pas : « Je suis une jambe cassée. » Elle dit : « J’ai une jambe cassée. » Pourquoi ? Parce qu’elle sait intuitivement que la blessure n’est pas son identité. Pourtant, lorsqu’il s’agit de souffrance psychologique, nous faisons exactement l’inverse. Nous fusionnons avec la blessure. Nous nous présentons à travers elle. Nous finissons même par organiser notre existence autour d’elle. À travers le Transposé Familia, j’ai observé que de nombreuses personnes portant une dépendance affective ont grandi avec une mère absente émotionnellement, froide, critique, dévalorisante ou incapable d’offrir l’amour dont l’enfant avait besoin. L’enfant ne conclut pas que sa mère est limitée dans sa capacité d’aimer. Il conclut souvent : « C’est moi qui ne mérite pas l’amour. » Cette conclusion devient alors un programme inconscient qui l’accompagnera toute sa vie. Puis, à travers le Transposé Totallis, nous découvrons parfois que cette blessure dépasse largement notre propre histoire. Nous retrouvons des lignées entières marquées par le rejet, l’abandon, le manque de tendresse, des femmes qui n’ont jamais été aimées, des enfants séparés de leurs parents, des générations qui ont appris à survivre plutôt qu’à recevoir de l’amour. La personne croit vivre son histoire alors qu’elle porte parfois le poids émotionnel de plusieurs générations. C’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel de ne jamais s’identifier à cette souffrance. Car ce à quoi nous nous identifions devient extrêmement difficile à transformer. Si je crois que je suis dépendant affectif, alors toute tentative de changement devient une menace pour mon identité. Mais si je comprends qu’il s’agit d’une blessure, d’un apprentissage ou d’un héritage, alors tout devient différent. Une blessure peut guérir. Un programme peut être modifié. Un héritage peut être transformé. Une expérience peut être dépassée. La dépendance affective n’est pas une condamnation à vie. Elle n’est pas une fatalité. Elle n’est pas une personnalité. Elle est le symptôme d’un manque qui peut être compris, travaillé et progressivement libéré. Le jour où une personne cesse de dire « je suis dépendant affectif » pour commencer à dire « je porte une blessure de dépendance affective », quelque chose change déjà. Elle cesse d’être prisonnière de son histoire. Elle reprend son pouvoir. Car nous ne sommes pas nos blessures. Nous ne sommes pas nos traumatismes. Nous ne sommes pas nos héritages. Nous sommes infiniment plus vastes que ce que nous avons vécu. Et lorsque cette distinction devient claire, la guérison cesse d’être un espoir. Elle devient une possibilité réelle.❤️myriam fassio❤️