Cette étude indienne compare deux interventions chez 100 femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques : la metformine à 1500 mg/jour et la N-acétylcystéine, ou NAC, à 1800 mg/jour, sur une période de 24 semaines. Les auteurs concluent que la NAC est supérieure à la metformine sur la majorité des paramètres mesurés et qu’elle pourrait être considérée comme un substitut aux médicaments insulino-sensibilisateurs dans le traitement du SOPK. Cette conclusion mérite qu’on s’y attarde, parce qu’elle illustre très bien plusieurs problèmes classiques de la littérature en supplémentation. C’est aussi exactement le genre de phrase qui finit ensuite dans le marketing des produits, sortie de son contexte et citée comme preuve scientifique. L’objectif ici n’est pas de rejeter la NAC comme intervention possible. Il y a une rationalité à l’utiliser en pratique. L’objectif est plutôt de distinguer ce que les données soutiennent réellement de ce que les auteurs en tirent. Ce que l’étude montre effectivement Dans cette cohorte spécifique, après 24 semaines, le groupe NAC montre des améliorations supérieures au groupe metformine sur plusieurs paramètres : le BMI, le tour de taille, le rapport taille-hanche, la glycémie à jeun, l’insuline à jeun, le ratio glucose/insuline et la testostérone totale. Les différences en post-traitement sont statistiquement significatives et on ne peut discuter cela. Premier problème : l’absence de groupe placebo L’étude compare deux interventions actives, sans condition contrôle. Ça signifie que les améliorations observées dans chaque groupe pourraient s’expliquer par autre chose que l’effet propre des molécules. La participation à une étude tend à modifier les comportements. Les patientes sous surveillance médicale mangent et bougent souvent différemment. L’effet placebo existe aussi pour les marqueurs métaboliques. Il faut également tenir compte de la régression statistique à la moyenne lorsqu’on recrute des patientes sur la base de valeurs élevées. Sans placebo, on ne peut pas affirmer que la NAC est efficace dans l’absolu. On peut seulement dire qu’elle a produit plus de changement que la metformine dans cette cohorte. Si la metformine a sous-performé pour une raison quelconque, la NAC paraît supérieure sans nécessairement l’être.