Suite à un échange avec un hypno, j'ai écrit un petit article sur FB. Je vous le partage ici et veut bien votre avis ;) Faut-il utiliser le mot « imagine » en hypnose ? Attention à ce mot…très utilisé en spectacle, dans les scripts et parfois en thérapie… Il ne faut pas confondre le mécanisme de l’imagerie mentale avec la manière dont le praticien l’introduit verbalement. Oui, l’imagerie mentale peut participer puissamment à l’expérience hypnotique. Les recherches en neuro-imagerie montrent que perception et imagerie utilisent en partie des réseaux communs, notamment dans les régions visuelles, pariétales et frontales. Mais elles ne sont pas équivalentes : la perception repose principalement sur des informations sensorielles ascendantes, tandis que l’imagerie est surtout générée par des processus descendants. L’imagerie peut être un moteur de l’hypnose mais ça ne prouve absolument pas que le mot « imagine » soit toujours une bonne porte d’entrée vers l’état hypnotique. Ce mot peut fonctionner chez certaines personnes, mais chez d’autres, il introduit une consigne métacognitive : « ce qui arrive n’est pas réel, je dois le fabriquer ». Il peut alors renforcer le contrôle volontaire, l’auto-évaluation ou la recherche de performance : Est-ce que j’imagine correctement ? Est-ce assez net ? Or l’absorption hypnotique repose justement sur la possibilité de s’engager dans l’expérience sans l’observer continuellement de l’extérieur. La recherche montre d’ailleurs que suggestion hypnotique et simple instruction d’imagerie ne sont pas strictement interchangeables. Dans une étude comparant directement les deux, les deux procédures modifiaient les représentations corporelles, mais les effets étaient plus importants sous suggestion hypnotique. L'utilisation volontaire d’images ne suffisait pas à expliquer l’effet hypnotique. Une méta-analyse en neuro-imagerie associe également l’hypnose à des modifications de réseaux impliqués dans le contrôle attentionnel, la saillance et le traitement autoréférentiel : elle ne se réduit donc pas à « bien imaginer ».