Bonjour à toutes et tous,
Je prends enfin le temps de me poser pour vous raconter l’arrivée de notre petit trésor, Elia.
11 mai dernier, vers 23h, on va pour se mettre au lit et voilà que je me fais « pipi dessus »… oh punaise je crois que j’ai fissuré la poche des eaux ! Mais aucune contraction… Mon conjoint appelle notre sage femme AAD pour la prévenir, « allez vous coucher tranquillement on se tient au courant dans la nuit si le travail se met en route »
Nuit un peu difficile mentalement, heureusement que les méditations et soins du mastermind étaient là pour calmer ma tête !
12h plus tard la sage-femme débarque pour vérifier le cœur de bébé et voir un peu comment on se sent et où j’en suis ; tout est OK et je commence à me sentir un peu stone, les hormones font leurs effets. La sage femme s’en va pour nous laisser l’espace et les 1eres contractions montrent le bout de leur nez ! Tout se passe bien, musique, ballon, mouvements, câlins, ça se prépare. Puis d’un coup je me sens submergée par la peur, ça y est ; elle va arriver ! Je pleure beaucoup, sur mes toilettes (c’est là que je suis le mieux pour accueillir la douleur) et je laisse sortir toutes émotions qui ont besoin d’être exprimée. Je sens mon conjoint totalement perdu et décontenancé mais pas en état de le rassurer. Il appelle la sage femme pour lui dire que ça s’intensifie et qu’il serait bien qu’elle se mette en route car elle en a pour 1h.
Elle arrive et me propose d’aller dans la piscine pour que la chaleur m’apaise. On y va, et là ça m’apaise tellement que je ne ressens plus aucune contraction, l’impression d’être sortie du travail… même dans ma tête, limite on pourrait aller faire des courses… j’avoue que là ça m’angoisse un peu, pourquoi ça s’arrête comme ça ?
Les sages femmes me rassurent, « ça peut arriver, notamment avec la chaleur » mais dans ma tête je me dis « ah ouais faut retourner dans la douleur là » et je vois l’heure tourner, avec en ligne de mire ces 24h avec la poche fissurée, basculée en maternité, injection d’antibio, etc. Non non non !
Les sages-femmes vont boire un coup ailleurs et on fait le tour du jardin avec mon conjoint, je prends un bain de soleil, je m’assois dans l’herbe, les mains dans la terre en invoquant Gaia, terre mère, pour m’aider à repartir et accueillir mon bébé. Mon conjoint est là, il me soutient, me caresse, aller ça repart, les contractions recommencent, j’ai même du mal à retourner jusqu’à la maison. Il est 18h environ, les sages-femmes reviennent, et là l’intensité augmente crescendo, on vocalise tous ensemble, des « OMH » de plus en plus forts, jusqu’à devenir des « RAAAH » comme une lionne qui rugit. 19h59, Elia est dans mes bras, elle ne pleure pas, elle me regarde de ses grands yeux comme des billes qui me transpercent l’âme. J’avoue ça me fait encore peur, je pleure, on se regarde avec mon conjoint, lui aussi les yeux remplis de larmes et émerveillé d’avoir pu assister à sa sortie, son arrivée…
Ce moment suspendu fut de courte durée car les sages-femmes s’activent autour de moi « on va se remettre doucement dedans, il faut sortir le placenta » pas de stress dans leur voix mais une certaine détermination… moi qui m’attendais à prendre le temps, écouter le soin du mastermind, etc. je me sens brusquée, l’une d’elle m’aide en tirant très légèrement sur le cordon pour faire sortir le placenta, vérification que tout est là, c’est bon, mais je me sens vraiment faible. Elia est passée à Maxime, mon conjoint, pour un peau à peau accrochée à son placentra (elle y restera 2h en tout pour récupérer tout son sang) et pendant ce temps les sages-femmes me proposent 2 points en interne et 1 point en externe, le strict minimum car la déchirure est assez importante et m’alerte un peu sur la quantité de sang perdu au moment de la délivrance du placenta, on est à la limite.
Après quelques vérifications, clampage du cordon, mise au sein pour 1ere tétée etc. Les sages-femmes s’en vont et on se retrouve tous les 3, Woaw le choc ! On dort peu, Elia me sollicite beaucoup pour téter, c’est à la fois magique et vraiment stressant, ce petit bout qui ne dépend que de nous, de moi..
Les 3 jours qui suivent je les passe au lit, avec Elia, elle dort, elle tète, ma beauté. Mais moi je ne dors pas, je me sens faible, je me sens triste, je me sens seule, un peu démunie face à la difficulté de la mise en place de l’allaitement, malgré les sages femmes qui passent et m’aident comme elles peuvent.. Elia s’endort au bout de quelques minutes de tétée, j’ai de grosses douleurs aux seins, je me dis que c’est pas normal. Au 4ème jour la montée de lait arrive mais les tétées se passent toujours mal, une amie passe à la maison pour nous aider (elle est auxiliaire de puériculture) et me dis qu’en effet sa succion n’est pas bonne, et moi je me sens toujours très mal, je commence à faire des malaises, tremblements, sensation de vide à l’intérieur du ventre, essoufflements, besoin de m’allonger pour ne pas tomber. Mon conjoint et mon amie prennent peur ils m’emmènent à la maternité, prise de sang, anémie importante symptomatique, on me propose une perf de fer, je décide de sortir le soir même mais le lendemain c’est pareil, malaise, on y retourne, on me propose une transfusion sanguine car mon corps ne tolère pas du tout l’anémie… j’accepte après mure réflexion car je ne me vois pas continuer à allaiter et m’occuper de ma fille dans cet état là… on rentre à la maison 2j après et je vais de mieux en mieux, je prends rdv avec une conseillère en lactation, Elia dort tout le long du rdv, elle m’envoie vers une orthophoniste d’après mes dires et mes vidéos de tétées, 2 rdv après on établi ensemble avec mes connaissances d’ostéopathe un frein de lèvre supérieure et potientiellement un frein de langue postérieur (très controversé) mais ses claquements de langue viennent bien de quelque part… aujourd’hui j’attends un rdv en urgence avec un ORL ou chir dentiste pédiatrique pour voir s’il est nécessaire de faire une freinotomie, en attendant je continue de masser, libérer au maximum sa langue, sa mâchoire, sa lèvre, ses cervicales pour faire perdurer l’allaitement mais j’avoue être vraiment fatiguée.
Dans tout ça je n’ai pas précisé les difficultés de couple rencontrées car je me suis sentie seule, lui démuni, beaucoup d’engueulades, d’incompréhension, un manque de présence du papa qui ne sait pas comment faire car on a un bébé qui pleure beaucoup si elle n’est pas portée quasiment en permanence sûrement le besoin d’être sécurisée, d’être sure que je suis là après ces péripéties (même si on ne s’est jamais quitté même pendant la transfusion elle était au sein).
Enfin voilà vous m’aurez compris, ces 6 semaines ont été très intenses, j’ai été totalement absente du MMN pour m’occuper de tout ça, mais les cours, les soins ont continué de m’accompagner dans ce grand moment de transformation.
Aujourd’hui je me sens plus femme, plus confiante, on apprend à se découvrir avec Elia, à se connaître, se comprendre, on entame une thérapie avec mon conjoint, en espérant que cette nouvelle vie qui démarre nous rassemble et surtout qu’on continue d apprendre, ensemble.
Merci à toutes pour vos écrits, vos mots, vos questions, les lives, les soins, c’est très précieux durant cette étape de vie d’avoir des expériences qui m’ont aidé à comprendre et agir.
Je vous souhaite à toutes un bel accouchement et une belle transformation 🫶🏼