Aujourd’hui, je veux m’honorer comme une reine.
Il y a 1 mois et 8 jours, je mettais au Monde notre fils Eloan, dans l’écrin de notre foyer-cocon comme nous l’avions rêvé.
Depuis ce jour béni, la route n’a pas été toute droite. La vie nous a plutôt offert de prendre un chemin sinueux, profondément initiatique, à son image: fait d’épreuves et de grâces.
J’ai mis du temps à revenir ici, tant me rassembler et poser des mots me semblait… loin. Je me sens à peine plus prête à cela aujourd’hui mais un élan m’anime à partager avec vous mon témoignage, car je quitterai dans quelques petits jours l’espace de ce mastermind de la naissance dans lequel nous sommes arrivés avec mon mari il y a un peu plus d’un an et demi.
Voici donc notre récit de naissance, écrit à notre manière, pas avec autant de détails qu’il faudrait pour qu’il soit vraiment fidèle à ce que nous avons vécu, mais je sais qu’ici vous saurez lire entre les grandes lignes de ce partage, l’essentiel.
C’est dans la nuit du 1er Mars, aux alentours de 4h, que ma poche des eaux se fissure.
La veille, comme un signe du destin, nous avions décider à l’improviste de passer une journée en amoureux dans un lieu très cher à notre coeur. Cette journée fut comme un pèlerinage pour rendre hommage à notre couple et toutes les forces qui nous avaient soutenus et rassemblés.
Pour cet accouchement à la maison, nous avions quitté notre appartement- dans lequel nous ne nous projetions pas pour cet événement- et nous étions installés dans un appartement au rez-de-chaussée de la maison d’amis qui avaient proposé de nous accueillir. La maison est harmonieuse, calme et entourée d’un lac et de forêt à deux pas de l’océan, et nos amis ont eux même déjà accouché à la maison et soutiennent notre démarche avec une grande générosité.
De 4h à 9h, l’intensité des contractions augmente progressivement jusqu’à ce quelles deviennent régulières et de plus en plus rapprochées. À partir de ce moment-là, pendant tout le travail, je fais des allers et retours entre la piscine et le salon, dans plusieurs positions. J’accompagne les contractions avec des cris, des chants, je me parle dans mon propre langage.
Dans l’espace, Philippe est présent avec des gestes et des paroles soutenantes. Il gère aussi la logistique ainsi que le contact avec notre sage femme traditionnelle qui nous accompagne à distance.
Ce que je ressens à ce moment là est difficilement descriptible car ma sensation est que tout ce qui me traverse est de l’ordre d’une autre « dimension », sans être particulièrement mystique pour autant. Le travail me parait long, je me sens comme sur le seuil de la porte, en suspension.
Vers minuit, la sage femme nous annonce que le travail doit s’accélérer et me conseille de commencer à pousser.
À aucun moment je ne crois avoir ressenti le besoin réflexe de pousser. Mais je réaliserai par la suite que j’étais coupée d’une part de mes ressentis et de mes fonctions spontanées.
Vers 1h, notre hôte et amie nous rejoint dans l’espace. À 2, Philippe et elle me portent de différentes manières et me permettent de me suspendre pour faire davantage jouer la gravité.
L’intensité monte d’un grand cran, mes cris deviennent plus animaux. Je me sens toujours sur le seuil mais entrevois la porte s’ouvrir à mesure que j’accepte toutes les sensations de douleur et de dissolution qui me traversent.
Je sais aujourd’hui que c’est uniquement la peur qui m’a fait rester sur ce seuil. Mais bientôt, quelque chose de plus fort et hors de mon contrôle va prendre le dessus. Ce quelque chose, je ne peux le nommer ou alors je le décrirais ainsi: l’énergie de Vie qui se fait Amour. Car finalement quoi d’autre peut transcender la peur ?
Finalement, à 4h14, à moitié assise-allongée sur le lit, dans une ultime poussée, la tête de notre bébé voit le jour. La sensation est dingue, un immense soulagement.
Puis à 4h16, tout le corps de bébé sort et il se met tout de suite à crier. Philippe l’accueille et le pose sur moi. Très vite, il se met à têter. Premier câlin, premier regard.
Indescriptible, un moment appartenant à l’Éternité que je vis comme en dissociation, une partie de moi est bien là mais l’autre observe la scène depuis cette autre « dimension » d’où je reviens progressivement.
Le moment est venu de laisser notre nouvelle empreinte familiale se façonner dans le précieux de ces toutes premières heures tous les 3.
Plusieurs heures après la naissance, à cause de douleurs « anormales » et très intenses, une sage femme libérale m’ausculte et me conseille de rejoindre la maternité car mon état de santé est extrêmement fébrile. En arrivant là bas, je découvrirai que depuis le début de l’accouchement, ma vessie a progressivement cessé de fonctionner.
Nous avons donc dû passé quelques jours à soigner intensément ces problématiques avant de pouvoir retrouver notre chez nous.
J’intègre progressivement le sens et les messages de cette Naissance.
Je vous partage ce récit sans en révéler pour autant les compréhensions qui sont encore en cours d’acheminement mais avec une intention bien précise dans le coeur:
Aujourd’hui, je veux m’honorer comme une reine.
Je veux honorer mon homme, Philippe, comme un roi.
Je veux honorer notre fils, Eloan, comme un prince du soleil.
Je veux honorer chacune et chacun de nous. Parce que nous sommes la Vie et parce que, de ce qui en nous sait transcender la peur, peut naitre un Nouveau Monde forgé dans l’Amour et la Souveraineté.
Je suis arrivée ici avec des peurs immenses: Peur d’accoucher, d’être mère, d’être femme, d’assumer ma puissance et ma souveraineté.
Je ne dis pas qu’aujourd’hui ces peurs sont définitivement derrière moi, mais force est de constater que j’ai bel et bien été capable de les dépasser pour donner naissance. Et je sens comme je suis transformée, avec cette nouvelle conscience et confiance qui m’animent. Je sais que cette Puissance et cette Beauté de Vie en moi sauront toujours trouver le chemin pour naitre, se révéler, grandir encore et rayonner.
Au moment où j’écris ces lignes, mon fils dort sur moi et mon mari est au piano où il peaufine sa dernière composition. Quand je lui ai demandé comment il allait l’intituler, il m’a répondu « Life always finds a way ».
La Vie est plus forte que tout.
L’Amour triomphe par essence.
La Lumière a déjà gagné, c’est ce que révèle chaque Naissance.
Merci pour tout la famille MMN 💖
Chacune et chacun de vous de cette communauté ✨️ et à ses gardiens , , , , ✨️ ... 💖
On est là jusqu’au 16 avril, et ensuite, on peut garder contact via notre insta @taramusique,
À tout de suite dans le coeur,
✨️Clara, Philippe et Eloan ✨️