Naissance d’Isaac 🩵 à 41 SA 💫
Hello à tous !
C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce la naissance de notre fils, Isaac 🩵 3,850 kg pour 50 cm. Né le dimanche 22 mars à 10h19 (41 SA tout pile), après presque 4 jours de travail (86h précisément 🥲) !
Notre projet AAD n’a malheureusement pas pu aboutir et voici mon (long) récit de naissance pour ceux et celles que cela intéresse 👇
Tout commence le mercredi soir 20h30. Juste après avoir eu un rapport avec mon mari, je perds le bouchon muqueux et des contractions arrivent assez franchement. Ça commence toutes les 10-20 minutes. Puis ça devient assez rapidement régulier toutes les 10 minutes pendant 30 à 45 secondes. Je ne quitte pas la réalité et je peux parler, manger, rire entre chaque donc je ne m’alarme pas. Toutefois, c’est quand même très douloureux et parfois elles durent déjà plus d’1 minute. Je passe une première nuit blanche.
Le lendemain même chose, les contractions se rallongent et sont intenses dans le bas du ventre et du dos, mais toujours un peu espacées de 10 minutes. J’assiste même au coaching du Continuity Puissante l’air de rien 😉. On n’est pas encore aux contractions toutes 5 minutes (il fallait que ce rythme dure depuis au moins 2h pour appeler la SF qui allait venir à domicile pour l’accouchement). Alors je tiens bon et essaye de me mettre dans ma bulle pour que ça s’accélère. Le jeudi soir, les contractions s’accélèrent et s’intensifient. Dans la nuit, je dis à mon mari d’appeler la SF qui arrive rapidement. Elle me propose un toucher que j’accepte en conscience. Je voulais savoir où ça en était pour avoir une idée. Je ne suis qu’à 1 cm. Donc encore au tout début, alors que ça faisait + de 24h que je vivais des contractions quand même intenses. Elle me dit que c’est normal pour un premier et qu’il faut attendre que les contractions s’intensifient vraiment pour parler de « travail actif» (ça me fait rire car tout ce que je vivais jusqu’à présent n’avait rien de passif du tout !!). Elle me rassure en me disant que pour un premier c’est souvent plus long et me conseille de m’allonger pour le reste de la nuit pour essayer de dormir entre les contractions car j’aurai besoin de beaucoup de forces pour la partie active du travail. Je gère les contractions comme je peux dans mon lit mais impossible de dormir. C’est ma deuxième nuit blanche. Elle repassera le lendemain matin (vendredi) puis le midi, puis le soir. Elle refait un contrôle et on est à peine à 2-3 cm. Je ne comprends pas ce qui m’arrive car, dans les cours et je ce que lisais ici et là, le pré-travail pouvait durer plusieurs jours mais les contractions ne pas être trop intenses et être assez espacées donc gérables. Moi je les vivais assez fortes depuis presque 2 jours ! 🙄 Elle commence à me parler d’hôpital car même si le bébé est toujours au chaud dans sa poche et son cœur bat bien, elle voit bien que je commence à être épuisée et qu’il me faut beaucoup d’énergie pour la phase active et la poussée.
Là, mon moral s’effondre un peu. Je m’en veux, j’en veux à mon corps de ne pas s’ouvrir. J’ai fait les soins énergétiques, Maryline m’a dit plusieurs fois que le canal de naissance était dégagé et que mon bébé était au taquet. Je suis frustrée.
Ma SF me dit qu’elle repassera dans la nuit pour voir comment ça évolue. Là je me remet dans ma bulle. Je m’enferme dans ma chambre et je lâche tout. Je fais la méditation d’Ema une nouvelle fois. Je sens que ça s’intensifie en fréquence et en niveau de douleur. Je crie à chaque contraction, c’est une douleur très puissante. Ma SF revient discrètement et est enthousiaste de me voir comme ça. Au bout de 2h elle me propose de rentrer dans la piscine. Ce que je fais. Je me dis que c’est bon signe, que ca avance enfin !! Je me mets dans l’eau et ça me fait un peu de bien. Au bout d’un moment elle me demande si elle peut me réexaminer. Ce que j’accepte. À ce stade je voulais vraiment savoir. Je suis à peine à 3 cm encore. Je demande à sortir de l’eau et là je suis totalement décontenancée, je commence à faire mon deuil de l’AAD tant rêvé et préparé. Ma SF nous dit à mon mari et moi qu’il va falloir envisager une solution. Soit on continue et je tiens malgré la fatigue mais elle commence à s’inquiéter pour moi. Soit on va à l’hôpital. Je choisis la deuxième option en conscience. Je savais que la suite de l’accouchement allait être absolument crevante et que si ça continuait comme ça, je n’allais pas tenir. Nous partons donc pour l’hôpital directement. Ma SF débriefe les équipes de sage-femmes de l’hôpital.
On nous installe dans une salle d’accouchement physiologique, lumière tamisée, bien chauffée. Toute l’équipe est adorable avec moi et ne me brusque pas. Les SF là-bas me disent qu’elles feront tout pour que j’aille au bout de mon projet.
Il est 5h30 du matin le samedi. C’est ma 3eme nuit blanche. J’essaye tant bien que mal de me reposer pendant 2h entre les contractions.
Le samedi matin, je suis toujours à 3 cm (voire un petit 4), une SF arrive et me propose de faire de l’acupuncture, des mouvements de bassin, un lavement pour dégager aussi le colon. J’accepte tout. Je suis prête à tout pour que le travail avance.
Les contractions s’intensifient dans l’après-midi. Je me dis que c’est bon signe. Je prends une douche en continue assise sur le ballon. Ça m’aide à gérer. Bébé de son côté pète toujours la forme et sa poche est intacte.
En fin de soirée, je suis toujours à 4 cm grand max. À chaque fois c’est la dégringolade dans ma tête. Je me demande comment je vais tenir. D’un côté je sais que je n’aurai pas du faire autant de TV, d’un autre côté ça durait tellement que j’avais besoin de savoir comment ça évoluait pour prendre des décisions. La sage femme présente me propose de faire un soin rebozo, peut-être que le bébé n’est pas dans une bonne position. Je peine à me mettre à quatre pattes et elle me fait le soin. Puis elle me met dans une position allongée sur le côté assez particuliere pour que ça fasse bouger le bébé.
C’est un moment de bascule. Des contractions ULTRA VIOLENTES qui me font pleurer de douleur. Je reste allongée malgre tout pour que le bébé se positionne bien.
Ensuite je me redresse et j’ai encore ces douleurs insoutenables 😫. Est ce que c’est ça le vrai travail finalement ? Je ne sais pas mais c’était vraiment horrible. Je ne peux plus tenir. Ma priorité numéro 1 c’est de dormir car je n’en pouvais plus. La SF commence à évoquer la péridurale. Je m’étais jurée de ne pas craquer. Mais il faut parfois rester humble face à l’évolution des événements qui se présentent à nous. J’accepte la péridurale en conscience. Je n’en peux plus et mon manque de sommeil prime sur tout le reste.
On me l’a pose et je reste silencieuse. Je fais un nouveau deuil dans mon esprit. J’ai l’impression d’être un soldat qui capitule et qui reçoit sa sentence. Par chance, l’anesthésie me permet de dormir un peu cette 4eme nuit pour reprendre des forces. Mon mari dort aussi car il m’accompagne depuis le début et fait les mêmes deuils que moi tout en gardant la tête sur les épaules. Je sens encore mes jambes donc je suis aussi rassurée.
On attend quelques heures, je suis toujours à 4 cm 🤡. On me parle du scénario que je n’avais évidemment pas envisagé: « il va commencer à réfléchir pour une césarienne. Le bébé va bien mais vous êtes épuisée, vous allez difficilement tenir ! ». Je demande d’attendre de voir comme ça évolue.
Dans la nuit, la gynécologue de garde me fait une écho pour checker officiellement la position du bébé (il était temps !). Et là on me dit qu’il est en OP. Pourtant j’étais beaucoup le ventre dans le vide, on a fait le rebozo etc je ne m’attendais pas à cette nouvelle.
La SF me propose de refaire le rebozo. Ce que j’accepte. Je ne suis plus à ça près.
Quelques temps plus tard, je sens de plus en plus de pression dans le périnée. On refait une écho et le bébé se serait finalement repositionné en OA. On voit également que je suis à 5-6 cm. MIRACLE (même si c’est encore loin des 10) !
Je reprends espoir et des forces. Malgré tout le message énergétique des personnes autour était positif : « cette fois ci c’est la bonne, ça va le faire pour une voie basse ! »
Il est 8h du matin. Je ressens une envie de pousser de plus en plus grande. Mon col s’ouvre de plus en plus ! J’ai l’impression que la péri ne fait pas du tout d’effet ou peu à cet endroit car je ressens tout et c’est assez douloureux. Mais je m’en fiche, ces poussées réflexes, ça fait presque 4 jours que je les attends !!!
La SF me dit de faire comme je le sens au niveau des poussées et si mes jambes me le permettent, de me mettre dans la position que je veux. C’est avec des jambes un peu engourdies et tremblotantes que je me mets à 4 pattes. Et la commence la poussée. Là je comprends pourquoi on me disait qu’il fallait que je garde de l’énergie. C’était si intense ! Là encore je pense que la péri ne fonctionnait plus ou pas au bon endroit car j’ai tout senti. Mon mari et la SF m’accompagnent et me laissent pousser à mon rythme. Je suis exténuée, je dis que je n’y arriverai jamais et que je vais mourir, qu’il ne va jamais sortir. J’arrive au bout du bout.
Je pense qu’à ce moment là j’ai eu un shift d’identité car j’ai puisé je ne sais où une force que je ne pensais pas avoir ! J’étais en transpiration totale, une vraie sauvage 🐯
Je sens la brûlure du cercle de feu, je sais que la tête arrive !!! Puis la tête sort d’un coup. J’ai espoir ! Puis la rotation s’est faite très rapidement et le corps est sorti d’un coup à la poussée suivante ! J’attrape mon bébé entre mes jambes, je l’entends tout de suite et est bien rose ! Je découvre avec émerveillement que c’est un garçon, il s’appellera Isaac (une des significations est « celui qui rira », et c’est vrai qu’il n’a pas pleuré du tout à la sortie. Son « cri » était même plutôt apaisé ! Je suis si heureuse d’avoir réussi et si fière de lui d’avoir tenu. Son petit cœur n’a jamais été en souffrance de tout le travail.
Je fais un peu de peau à peau et directement (et je le sentais car on était en milieu hospitalier), la pression monte sur le placenta qui ne sort pas tout de suite. La SF sent qu’il est décollé mais je ne ressens plus de contractions, plus d’envie de pousser. Je suis juste éteinte après autant de douleur ! Je perds beaucoup de sang et ça commence à sentir un vent de panique. Ça s’agite autour de moi. Verdict, j’ai besoin d’une révision utérine en urgence. Je confie notre bébé à mon mari en peau à peau qui restera avec lui tout du long.
On m’emmène au bloc. Je suis dans les vapes et me laisse faire. Mitigée entre la joie d’avoir accouché et la culpabilité d’avoir laissé mon bébé. Je sais pertinemment que si j’avais eu un accouchement chez moi 100% physiologique mon placenta serait sorti sans problème avec un peu plus de patience. J’accepte le plan divin ! Il y a au moins 7-8 personnes dans le bloc. Tout le monde parle allemand et je ne comprends rien. Je me repose et ferme les yeux en pensant à mon bébé. A la fin on me dit que le placenta s’était décroché mais il restait un morceau attaché donc ils me l’ont retiré. J’ai perdu 700 ml de sang et mon périnée était apparemment intact, juste 2 déchirures au niveau des petites lèvres. Après 45 min d’opération on me ramène voir mon mari et bébé. Ils sont si paisibles tous les 2 collés l’un à l’autre. On le met sur moi et on fait la tétée d’accueil. Depuis ce moment là on ne se quitte plus !
Nous demandons à partir le lendemain, refusons la vitamine K, perf de fer et compagnie, et récupérons le placenta que mon mari apportera directement à ma doula.
C’est un chamboulement mais je me sens assez bien et pas si fatiguée que ça finalement. On est aujourd’hui à J4 et j’ai ma montée de lait qui démarre !
Maintenant je me prépare pour la suite de l’aventure qui ne fait que démarrer !
Merci de m’avoir lue si vous êtes arrivés jusqu’ici ! Déposer tout ça par écrit est très « thérapeutique » et me permet aussi de prendre du recul sur le déroulé de cet enfantement !
Merci à pour tes conseils et connaissances qui m’ont permis de prendre des décisions en conscience et d’éviter de céder à la panique. Sans le mastermind, je ne sais pas comment ça aurait terminé. Avec du recul j’ignore si certaines choses auraient pu être évitées (sûrement que oui!), mais je ne regrette rien et je me dis que si j’ai réussi à tenir autant de temps pendant cet accouchement, je peux tout accomplir dans la vie ! Merci à pour sa douceur et ses supers conseils en ateliers même si j’étais souvent discrète et peu participative. Tout ce que tu apportes atelier est une mine d’or !
Et bien évidemment je remercie mon mari qui a été une présence rassurante, un pilier du début à la fin. Il était droit dans ses bottes et n’a jamais cédé à la panique et a toujours été optimiste face à tous les scénarios possibles. Un gardien du temple en or (même s’il a commencé les cours à peine 1 mois avant le terme et qu’il n’a fait aucun atelier homme 😬😬. Les filles ne désespérez pas si vous voyez vos chéris peu investis jusqu’a la fin de la grossesse 😅)
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36 comments
Cécile Maroc
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Naissance d’Isaac 🩵 à 41 SA 💫
Le Mastermind de la Naissance
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J’aide les femmes enceintes à préparer une naissance naturelle sans se trahir, pour passer de la bonne élève à la femme souveraine.
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