Nous sommes vendredi 5 décembre 2025 au soir, ça fait 48h que je ne me sens pas très bien, avec des douleurs type menstruations en continu. Je sens que c'est pour ce week-end, mais je ne m'avance pas. Mais DPA est le 19 décembre. Tous les derniers préparatifs pour notre ANA sont prêts, après un premier accouchement effet toboggan instrumentalisé et traumatisant 18 mois plus tôt. Deux choses me stressent : si l'accouchement a lieu en journée, la gestion de mon premier fils, qu'est ce qu'on en fait si c'est le weekend (pas de nounou), j'ai peur que sa présence me déconcentre. Deuxièmement, toute la logistique autour de la piscine. Ça fait des semaines que je lis tous les soirs des affirmations avec les composantes de mon accouchement idéal (ex : j'accouche la nuit, mon fils dort profondément). Je me couche donc ce soir-là, mais impossible de m'endormir. Mickaël dort en bas, je le gêne trop à ce stade de la grossesse. À 23h45, je me tourne dans le lit et là j'entends "boumboum". Un bruit de coffre qui se déverrouille. Je comprends tout de suite. Je me lève, je vais aux toilettes et j'attrape une couche pour incontinence que j'ai prévu pour les saignements du post partum. Je perds plein d'eau dans les toilettes, ça saigne un peu. Et ça contracte immédiatement. Un vent de panique s'empare de moi, ça y est, c'est le grand jour, je dois être à la hauteur, je me mets la pression bien que je sache que c'est débile. Je n'ai pas envie de me décevoir, pas envie de retourner à l'hôpital et d'être encore entre les mains de d'autres personnes, incapable. Je suis quand même contente que ça se déclenche pendant la nuit. Je décide immédiatement, tant que les contractions ne sont pas trop fortes, d'installer la bâche sur mon lit et tout ce que j'ai prévu pour ne pas en mettre partout, mais la couche à ce stade là c'est plutôt une bonne idée. Je veux tenir le plus longtemps sans la piscine, dernier recours à ma douleur, parce que j'ai bien compris qu'il y a des chances que le bébé sorte immédiatement à ma sortie de l'eau si j'attends un peu. Sauf que... Je n'arrive pas à installer cette putain de bâche tellement mes contractions sont rapprochées. Je tremble, j'ai froid, j'ai peur. Je décide donc d'aller voir Mickaël, je lui demande de préparer la chambre et ensuite il pourra aller se recoucher, je ne veux pas le déranger alors qu'on est au début du travail. Aller, ça va bien durer au moins 10h. Je peux à peine lui donner des directives tellement c'est intense, la douleur est forte dès le début. Je ne sais pas dans quelle position me mettre, rien ne me soulage. Mickaël fait quelques aller-retours pour mettre le chauffage, les lumières tamisées, me donner de l'eau de coco etc. Cette agitation (pourtant il fait tout calmement) me soûle, et je ressens +++ la douleur quand il rentre dans la pièce. Ma dernière directive c'est donc : casse-toi. (Pauvre chouchou 😭❤️) Il paraît que ça va plus vite quand il n'y a pas d'observateur. Moi qui m'inquiétais, avant, de réveiller mon fils, à ce moment-là rien à faire, bien qu'il soit dans la pièce d'à côté, je pousse des grognements/cris plaintifs, il n'y a que ça qui m'aide à accompagner la douleur. Mickaël se débrouillera avec le petit. C'est insupportable. Encore heureux que cette fois-ci je n'ai pas la douleur dans le dos, encore heureux que bébé ait la position idéale cette fois-ci. Ema nous a pourtant dit quelques jours plus tôt "vous aurez plus de temps de pause que de temps de contractions." Bah non. Non en fait, à peine une est finie que l'autre commence. Mon corps déconne ou quoi ??? Donc même sans déclenchement je suis destinée à passer des heures dans une douleur en continu ? Tant pis, je tiens encore, c'est quand même pas aussi douloureux que le déclenchement, et puis je suis tranquille toute seule dans ma chambre. L'hôpital me revient en tête et non non non c'est MORT. Je repense à mes mantras "j'accepte les vagues, j'abandonne mes résistances" Blablabla MON CUL OUI (je vous décris mes pensées telles qu'elles étaient dans ma tête🤣🤣) la seule phrase qui m'aide : "je suis la douleur"
Mickaël finit par revenir dans la chambre, je lui demande "méditation Ema" et "chaise percée", je n'ai pas la force de faire des phrases. Je n'ai pas encore assez mal pour demander la piscine, et puis ça voudrait dire la remplir, descendre en bas (impossible), j'ai le bain à côté mais je le garde pour quand vraiment, je n'en pourrais plus. Quand la méditation commence, c'est instantané, je me recentre directement, toute peur s'évanouit. La panique a disparu (Merci pour ta si douce voix). Magique. Je me concentre sur l'ouverture de mon col quand Ema parle des ronds dans l'eau. Je ne sais toujours pas dans quelle position me mettre, je crois que je suis debout la majorité du temps. Puis je m'assois quelque temps sur le ballon de gym, pour essayer de mobiliser mon bassin car je me rappelle qu'il ne faut pas rester trop statique. Pas à l'aise. J'ai chaud, je transpire comme dans les films. Je me dis que ça va être difficile de ressentir cette douleur-là encore longtemps. Ça serait peut-être une meilleure idée d'avoir le périnée dans le vide, alors je me transfert sur la chaise percée -qui est littéralement à un pas- avec difficulté. a dit que c'était top la chaise percée pour le travail 👍🏼. Et là, petite pause dans les contractions (pause magique ?) je sens que je ne suis pas seule. Je suis aidée et protégée, je le sens. Puis c'est instantané, un grognement que je ne connais pas s'échappe de moi, et mon corps pousse tout seul (on est loin du cri d'épouvante avec les pieds dans les étriers). Quoi... Déjà ? Mais non... Une deuxième poussée immédiatement après que je retiens un peu, sur le coup de la surprise. Mickaël entre dans la pièce (en réalité il était derrière la porte depuis un bon bout de temps à compter les contractions et à ne pas comprendre pourquoi elles sont si rapprochées alors que sur les fiches c'est noté que ça c'est la dernière étape 😂). Je décide alors d'accompagner la poussée suivante, tout en ne forçant pas plus, pour protéger mon périnée. Poussée n°3 : la tête arrive dans mon vagin, c'est donc ça le cercle de feu ? Un élastique qui s'ouvre et qui chauffe un peu ? Ça ne fait pas mal, 100 fois moins que les contractions. Poussée n°4: la tête sort. Je ne sais pas quoi faire, il n'y a pas de bâche sur notre beau parquet. Dernière poussée, tant pis : le corps sort et tombe dans le sot de la chaise. Je suis choquée..c'est tout ?? Il est 1h15. On se regarde avec Mickaël, et puis on entend des grognements de bébé pas content d'être tombé dans une chaise pour personnes âgées. J'essaie de récupérer le bébé glissant qui a les pieds par-dessus la tête, mais ce n'est pas facile avec le cordon. Je le prends sur moi, je l'observe comme je peux, je reconnais de qui vient son nez, ses oreilles, oh il y a des cheveux ça change ! A aucun moment je n'ai eu peur de mourir. Aucun. Je m'attendais à ressentir une émotion forte et pleurer mais pas du tout, je me sens joyeuse mais choquée de la rapidité, un peu pudique. Au bout d'un moment, Mickaël, qui a l'air plus ému que moi, me demande le sexe. C'est une fille ! Encore un choc nous qui étions persuadés du contraire ! Mon fils ne s'est même pas réveillé, même si ça a perturbé son sommeil, ça s'est vu le lendemain. Elle est née à la saint Nicolas, un petit clin d'œil à mon nom de naissance 😜 Nous passons nos premiers moments avec bébé dans la tranquillité et l'excitation, ça passe trop vite, première tétée, j'essaie absolument de faire le proto regard mais elle décide de garder les yeux fermés, toujours un mystère pour moi à ce jour. Au bout d'une heure je me dis qu'il faut que j'essaie de faire pipi pour le placenta. Je donne la petite à papa, et là elle ouvre les yeux..🥲😐 ça commence bien !! 🤣 Le placenta ne vient pas mais je ne m'inquiète pas. Vers 4h30 du matin je commence à m'inquiéter quand même. Ça fait long pour la délivrance, la plupart des gens du MM avaient mis 2h ou moins. Je suis dégoûtée il va falloir aller à l'hôpital. Mais je sens qu'il est bas et qu'il me gène. J'essaie d'appuyer sur mon bas ventre vers l'arrière et le haut pour voir si le cordon remonte, et il ne remonte pas. Info d'Hélène= ça veut dire que le placenta est bien décollé. J'essaie de tirer doucement dessus mais rien ne se passe. On décide finalement que Mickaël essaie de tirer un peu dessus avec des gants, rien ne se passe, alors il y va à deux mains et de toutes ses forces, et là, je grogne de nouveau comme durant la poussée et le placenta sort. Ouf ! Il a l'air entier. Mon fils se réveille au petit matin et découvre le bébé avec un sourire curieux ❤️ je ne vais pas rentrer dans le détails de la suite pour restée concentrée sur le positif mais nous avons été à l'hôpital juste pour checker et le placenta était bien sorti, aucune déchirure pour ma part et bébé impeccable. J'ai pu consommer mon placenta dans les jours qui ont suivi en smoothie, et je n'ai pas eu la perte de cheveux incroyable que j'avais eu lors de mon premier post partum, pas de baby blues, une récupération incroyable.
Je voulais juste vous dire que oui, l'accouchement est bien un défi psycho émotionnel, et tout ce avec quoi on se prend la tête n'en vaut pas la peine. Vous n'avez pas besoin de piscine. Juste de votre Foi, et moi je l'ai retrouvée depuis. L'accouchement n'est pas synonyme de souffrance. La preuve je m'attendais à ce que ce soit toujours pire mais j'ai juste eu cette sensation que c'était si simple ! J'ai été bien constipée en post partum, et je vous juuure que c'était plus difficile d'aller à la selle que de sortir ma fille.😅
Mes conseils, (ce qui m'a vraiment aidée selon moi pour avoir un accouchement rapide et facile):
- A la limite, ayez une chaise percée si vous voulez un accouchement propre 🤣
- Restez toutes seules le plus possible, ayez chaud, soyez dans un endroit familier
- à partir de 37SA, je visualisais que je laissais mon col s'ouvrir même sur les contractions de Braxton Hicks et je pense que j'avais déjà fait un bout du travail comme ça
-lire tous les soirs quelques phrases "affirmations" avec les composantes de votre accouchement idéal
Plein de beaux enfantements à venir pour
vous toutes 💗